Aborder la Politique Agricole Commune (PAC) dans le cadre d’une campagne pour les élections européennes nécessite deux remarques préalables importantes. Il faut, tout d’abord, rappeler que la PAC est la première politique intégré de l’Union (dès le traité de Rome avec application réelle à partir de 1960). La seconde remarque concerne le budget européen : plus de 40 % (43 % en 2007) de ce budget de l’Union est consacré à la PAC. C’est bien entendu la part budgétaire la plus importante qui se répartit entre les aides directes à l’agriculture (premier pilier) et le développement rural (deuxième pilier). Nous devons nous engager collectivement à proposer une nécessaire évolution de la PAC basée sur nos principes, nos valeurs et nos ambitions pour l’Europe.
Que dit le Manifeste du PSE ?
Deux chapitres font référence à la PAC et plus généralement à l’agriculture et l’alimentation. Outre le chapitre 68, le chapitre 64 affirme : « Nous soutiendrons une Politique Agricole Commune moderne qui aide au développement cohérent du monde rural et qui favorise le rôle fondamental des agriculteurs ». Il nous faut donc une PAC forte, régulatrice et tournée vers les attentes des citoyens. L’agriculture est une activité essentielle en Europe qui ne peut être réduite à l’échange de marchandises. C’est pourquoi nous devons réaffirmer le principe de préférence communautaire (qui ne signifie pas une Europe fermée sur le monde).
Que devons-nous porter (en tant que socialistes français) dans cette campagne européenne ?
D’abord redonner à la PAC tous les moyens de répondre aux enjeux agricoles et alimentaires d’aujourd’hui et de demain. Donner, aussi, à la PAC une dimension plus riche en recherche, formation, développement et innovation. Rappeler, ensuite, que la PAC doit être au service d’une indépendance et d’une sécurité alimentaire de l’Europe. Il est tout à fait nécessaire de réorienter les soutiens vers les productions et les régions les moins compétitives. De même, il faut généraliser les aides à toutes les productions. Parmi les objectifs à envisager, nous devons privilégier les aides aux « premiers hectares » pour soutenir « l’actif agricole » et limiter l’agrandissement. De même il paraît important d’abandonner des références historiques pour le calcul du Droit à Paiement Unique (DPU). Enfin, il nous faut nous battre pour maintenir des outils de régulation essentiels pour l’agriculture européenne :
- La jachère (quitte à la fixer pour l’instant à un taux 0).
- Les quotas laitiers (afin d’éviter une augmentation forte de la production et donc une diminution des prix et donc des revenus des producteurs de lait qui subissent déjà cette baisse depuis plusieurs années).
En guise de conclusion :
Nous serons interpellés pendant cette campagne européenne par les agriculteurs eux-mêmes, mais aussi par des citoyens soucieux de l’avenir de l’alimentation, de sa qualité et de notre environnement. Sachons donc rappeler nos principes et nos propositions en saluant les évolutions positives et en portant le combat pour une politique agricole européenne et mondiale régulée (et non le tout libéral destructeur pour nos agriculteurs et nos territoires). Enfin, n’oublions pas que renforcer l’Union Européenne passe par la construction d’autres politiques intégrées à l’image de la PAC et non par la réduction de celle-ci. Ce modèle libéral qui échoue, sachons lui opposer une alternative avec l’ensemble des socialistes et sociaux-démocrates européens.
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